« On n’est pas là seulement pour préserver un corps sans vie, on est là aussi pour le rendre le plus présentable possible pour sa famille et ses proches, et atténuer autant que faire se peut le cheminement du deuil. Un corps d’aspect apaisé, bien habillé, bien présenté, peut apporter calme et sérénité à la famille. » Frédéric Nicolas, 17 ans de thanatopraxie. Il n’y a pas d’entre-deux à l’exercice de ce métier : « on peut ou on ne peut pas » tant sur les plans psychologique que physique. Une distance est indispensable car l’investissement émotionnel n’est pas possible, bien que parfois « ce soit plus dur que d’autre ».

 

Chaque défunt est différent (morphologie, âge, éventuels problèmes de santé, traitements médicamenteux) mais, en général, un soin prend 1h. La première étape consiste en une injection de produit de conservation par voie artérielle suivie d’une ponction des liquides biologiques (sang, urine…) susceptibles de décomposer le corps rapidement. La deuxième étape est ce que l’on appelle la mise en beauté : coiffage, rasage, préparation, habillage, maquillage.

 

En France, le recours à la thanatopraxie s’étend mais gagne à s’accroître, d’autant plus qu’aucune publicité n’est autorisée. Il n’y a aucune obligation légale d’y recourir. C’est une demande formulée par la famille. Le thanatopracteur est entièrement dépendant du conseiller funéraire à qui il revient de proposer ou non la prestation à ses clients. C’est un métier de l’ombre : « les familles ne savent pas qui nous sommes ».

 

Un diplôme national vient sanctionner une formation qui va de 12 à 18 mois, et qui comprend une grande partie théorique dont la validation est nécessaire avant le commencement de la pratique. Au début des années 2000, la thanatopraxie a connu un engouement certain, notamment grâce au succès de la série Six Feet Under. De deux, les écoles de formation sont passées à six et un numerus clausus de 55 à 60 étudiants par année a été instauré.

 

Merci à Frédéric Nicolas pour son accueil et son temps sur cette matinée de soins.

www.syndicatdesthanatopracteurs.fr

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